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Dernier jour de jeûne aujourd’hui et presque -5 kg sur la balance. Je parle souvent des effets bénéfiques du jeûne mais suite aux discussions d’hier sur Facebook , j’ai décidé aujourd’hui de vous causer des côtés un peu moins attirants. Rappel : je ne parle que de ce que je connais, c’est-à-dire de jeûnes sur 5 jours, avec liquides sans morceaux et sans pulpe (ça inclut les jus de fruits, les thés au miel, les bouillons, etc.). Voilà environ 5 ans que je jeûne deux à trois fois par an, mais je n’ai jamais pratiqué de jeûne complètement à l’eau, par exemple.

1. Le jeûne sent mauvais

Perso, ça ne m’est jamais arrivé d’avoir une haleine de chacal ni de sentir le poney, mais ce sont des effets assez courants. ça veut simplement dire que vous êtes en train d’éliminer tout un tas de toxines, et donc, on peut considérer que c’est bon signe.

Vous redoutez l'haleine de chacal ?
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Vous redoutez l’haleine de chacal ?

2. Le jeûne fatigue

C’est une possibilité, même si ce n’est pas systématique. La fatigue du jeûne est une fatigue générale qui ressemble à une lassitude, ou à l’état dans lequel on peut se trouver après un ou deux verres d’alcool. Pas encore bourré, mais les épaules décontractées. La fatigue du jeûne peut survenir au début, à la fin, ou pas du tout. La bonne attitude à mon sens, c’est de ne surtout pas lutter, juste se laisser aller, accomplir ses tâches quotidiennes comme d’habitude mais accepter d’être plus lent. Au final, on n’est pas plus lent, mais on fait moins de gestes et on va droit au but.

3. Le jeûne donne faim

La sensation de faim dure tant que le système digestif n’a pas été complètement purgé. C’est pour cette raison qu’on ne doit pas ingérer de morceaux, sous quelque forme que ce soit. En général, on n’a plus vraiment envie de manger après deux jours, deux jours et demie. Avec l’expérience, et en commençant le jeûne un matin (pour profiter du jeûne nocturne naturel), on peut parvenir à n’avoir jamais vraiment faim pendant tout le jeûne. Bon, j’avoue qu’hier soir la quiche aux lardons et le gâteau chocolat-banane ont entamé mon mental ! Mais j’ai su déjouer la manoeuvre et résister.

4. Le jeûne donne froid

J’ai ressenti la sensation de froid lors de tous les jeûnes, été comme hiver. C’est normal et avec un p’tit pull ça passe très bien.

5. Faut-il purger pour jeûner ?

On vous donnera le bon conseil de vous purger en début de jeûne… Deux solutions : lavement ou sulfate de sodium. La première technique est rapide et efficace, mais se mettre un truc dans le derrière… heu… bof ! La seconde s’étale sur une bonne demi-journée et vous voilà aux toilettes toutes les 10 mn. Perso, pas de purge, le jeûne est pour moi un processus naturel, doux, et qu’il ne faut pas forcer. Pas de tortures moyenâgeuses !

6. Jeûne et consommation interne

Dès que les mécanismes de jeûne se mettent en place, l’organisme passe d’une consommation externe (alimentation), à une consommation interne. Il puise dans les graisses et les muscles (cf paragraphe suivant) pour fournir l’énergie, il devient autosuffisant. Cette première phase est accompagnée d’une acidose qui peut être assez importante, mais qui est normale. Je reste à un pH de 5 depuis le début du jeûne malgré de nombreuses séances de Bol d’air (mais aussi avec un entraînement non réduit).

L'énergie vient du plus profond de la cellule.
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L’énergie vient du plus profond de la cellule.

7. L’exercice physique modéré est bon pour le jeûne

Pour éviter la perte musculaire, il suffit de faire de l’exercice. L’idéal est d’aller marcher tranquillement une demi-heure à une heure par jour, profiter du bon air, respirer. L’organisme puise en priorité dans les réserves non vitales (je me répète, mais c’est très bien expliqué dans le dossier d’Ultra Mag #2, dispo en kiosque jusqu’au 10 janvier).

Un peu de marche pour éviter la perte musculaire.
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Un peu de marche pour éviter la perte musculaire.

8. L’exercice physique intensif est-il bon pour le jeûne ?

Très honnêtement, l’intérêt de jeûner tout en conservant une activité importante, notamment physique, est limité. Tout dépend ce que vous recherchez, quel est votre état de santé, et ce que vous souhaitez tirer du jeûne. Je ne le fais pas systématiquement, loin de là, mais j’aime bien coupler les jeûnes avec des séances d’entraînement intenses, ou longues, ou les deux. C’est un exercice à la fois physique (habituer le corps à utiliser ses mécanismes de survie sous la contrainte) et mental (rester malgré tout dans la douceur du jeûne, dans le lâcher-prise).

9. Intégration du jeûne dans l’entraînement aux 6 jours

Un 6 jours, c’est une épreuve qu’on ne peut pas vraiment simuler à l’entraînement. On peut courir un marathon plus lentement pour s’y préparer, mais s’enquiller des kilométrages quotidiens de plus de 80 km, c’est pas forcément facile. Donc il faut chercher à mettre en place des semaines fatigantes et faire feu de tout bois : séances intenses lors desquelles il faut tenir des cadences élevées, séances à allure 6 jours précédées de séances intenses, grosses semaines puis test sur 24 heures, semaines avec peu de sommeil, et donc, semaine de jeûne, sont autant de moyens de générer des contraintes qui vont permettre de se préparer aux 6 jours. S’il est difficile d’évaluer les avantages physiques, il est évident que ça forge le mental. Reste à savoir si ce sera assez… ou trop.

10. Jeûne et Bol d’air Jacquier

Le jeûne provoque une acidose assez importante, et l’entraînement aussi. Je cumule donc deux causes d’acidité de mon organisme assez importantes. Sans étonnement, mon pH urinaire est à 5, ce qui était le mois dernier ma mesure courante avec entraînement et sans jeûne. C’est acide, mais ça devrait revenir à la normale après le jeûne. Le matin du premier jour de jeûne, le 2 janvier, mon pH était à 7 après seulement un jour de Bol d’air et malgré les quelques excès des fêtes.
Le Bol d’air est aussi très intéressant pour la vigilance. Exemple ce matin, dernier jour de jeûne, mauvaise nuit et réveil un peu HS après la séance d’hier : 5 mn de Bol d’air et j’ai tout de suite les idées claires. Je reste physiquement un peu mou (sic), mais la tête tourne bien et je me sens attentif.

Moins de fatigue grâce au Bol d'air Jacquier.
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Moins de fatigue grâce au Bol d’air Jacquier.

11. Jeûne et lien social

Pas de problème pour moi, j’ai la chance d’avoir un entourage au top ! Cela dit, ce point est parfois le plus crucial et le plus difficile à gérer lorsqu’on fait un jeûne : repas d’affaires, nécessité de participer aux repas familiaux pour éviter de s’isoler, etc. Il n’y a pas forcément de recette miracle. J’essaie pour ma part d’être présent aux repas (avec mon bol et mon verre), d’avoir une attitude normale, d’éviter de faire tourner la conversation autour du jeûne, de participer à la préparation des repas, etc. Bref, essayer de rendre ça normal et transparent pour la famille. Si c’est difficile, vous pouvez le dire mais ne cherchez pas à vous faire plaindre, vous l’avez choisi.

12. Jeûne et perte de poids

C’est le grand débat autour du jeûne. On vous dira bien sûr que le jeûne détoxifie, qu’il permet de se recentrer spirituellement, etc. Le jeûne, c’est un super moyen de perdre du poids, surtout quand on a du mal à suivre un régime ou si comme moi vous estimez que le régime est la porte ouverte à des comportements alimentaires faussés. En quelques jours, vous pouvez perdre entre 3 et 8 kg, enchaîner sur une reprise alimentaire saine, et au final ne pas reprendre plus de 2 ou 3 kg. Année après année, au rythme d’un ou deux jeûnes par an, vous pourrez vous apercevoir que le poids remonte un peu entre deux jeûnes, mais pas au niveau d’avant le jeûne précédent. Et au lieu de prendre du poids avec l’âge, vous en perdez jusqu’à atteindre votre idéal.

La balance n'est pas votre ennemie.
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La balance n’est pas votre ennemie.

13. Jeûne et comportements alimentaires

Je préfère jeûner quelques jours et enchaîner sur de bonnes habitudes alimentaires que de suivre un régime lambda qui va me carencer, qui ne va pas être adapté, qui va me dresser une liste infinie d’aliments interdits. Après un jeûne, les légumes vapeur deviennent succulents, plus besoin de saler ni de poivrer sa nourriture, en un mot : vous pouvez vous nourrir simplement avec le même plaisir qu’avant le jeûne, lorsque vous dévoriez des plats en sauce, riches et goûteux. À ce moment-là, on ne parle plus de régime, mais de discipline et d’hygiène de vie. Pas forcément facile à conserver dans le temps, mais le jeûne permet aussi de se recentrer régulièrement de ce point de vue là. En conclusion de ce paragraphe, soyez juste attentif à ce que le jeûne ne se combine pas à une relation pathologique à la nourriture mais qu’il soit un prétexte de retour à une meilleure santé.

Attention aux dérives pathologiques.
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Attention aux dérives pathologiques.

14. Reprise de l’alimentation après jeûne

C’est le point clé du jeûne. Jeûner et reprendre immédiatement son alimentation d’avant (sauf si bien sûr vous aviez déjà de bonnes habitudes) ne sert à rien. La qualité de la reprise est primordiale et là encore, il faut se respecter soi-même. J’avoue qu’une fois ou deux je n’ai pas pu, et pas voulu (faut bien tester), résister à une bonne choucroute, une tartiflette bien riche ou à un quelconque plat en sauce. Si votre estomac supporte, pourquoi pas. Mais si vous enchaînez les repas trop riches, trop sucrés, trop salés après un jeûne, vous annulez ses effets, et il est fort probable que vous n’ayez plus envie de recommencer. Donc, prenez tout de suite l’habitude de ne mettre dans votre assiette que ce qui pousse, vole, nage, court, et pas ou peu de produits transformés. Et si vous ripez sur un bon plat de lasagnes ou un repas bien arrosé, compensez le lendemain par une journée légère.

Attention à votre reprise alimentaire.
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Suis-moi

Philippe Billard

C'est là que je parle un peu de moi ? Pour la biographie, d'abord... Je cours des ultras depuis 2000, un bug sans doute, et j'ai dépassé la distance du marathon une bonne centaine de fois. Trail, route, piste, tapis, j'aime tout, sans concession, même si j'ai jeté mon dévolu depuis 2011 sur les 6 jours tapis (de course). Vous verrez, j'en parle beaucoup. J'ai aussi créé un magazine en 2003, et une belle communauté, Ultrafondus. Ça a duré une petite dizaine d'années, il en reste quelques traces sur le web. Pour en savoir plus, lisez, regardez, échangez. J'ai des trucs à vous dire sur des tas de sujets passionnants, et j'ai surtout beaucoup à apprendre de vous.
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