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Premiers éléments sur la planification de mon entraînement… La date des 6 jours tapis Holiste est maintenant à peu près certaine, vraisemblablement donc du 26 mai au 1er juin 2014. Il reste donc 32 semaines de préparation, entre 7 et 8 mois.

Impossible pour moi de programmer séance par séance 32 semaines d’entraînement, et d’ailleurs je n’en ai pas envie. Mon emploi du temps change sans cesse et même si je peux anticiper en partie les jours et les semaines tendues professionnellement ou occupées au niveau perso, il faut avant tout trouver une planification dans les grandes lignes.

Dans « Courir 6 jours sur un tapis », il y a avant tout « courir ». Les bases sont les mêmes que pour l’entraînement à n’importe quelle compétition de course à pied. Il faut devenir, redevenir, passer par un certain nombre d’étapes qui vont mener au but final : se configurer parfaitement pour un 6 jours sur tapis. Les 5 phases suivantes se suivent mais existent aussi en parallèle. Autrement dit, on a une dominante dans chaque phase, ainsi qu’un travail constant des autres habiletés. Ensuite, c’est juste une question de dosage pour aboutir le jour J à la compétence optimale.

Devenir un sportif (jusqu’à fin novembre 2013)

C’est la phase à dominante « réathlétisation ». Objectifs : se rapprocher au maximum de mon poids de forme, devenir un athlète le plus complet possible, développer des compétences sportives générales. Durant cette période d’environ deux mois, je mets en place les bonnes règles alimentaires, j’insiste sur la musculation, le rééquilibrage de ma posture, et je commence bien sûr à m’intéresser à ma foulée. Les instruments clés seront le TRX (cf suspension training), Evolis (cf méthode d’étirement et de musculation excentrique, et ici un document plus complet au format pdf), l’apprentissage de la foulée avec les Altra (modèle Torin pour l’instant), et l’utilisation de la vidéo pour décortiquer le geste. Pratiquer d’autres sports, même très éloignés de la course à pied, est fortement probable, recommandé. A suivre…

Devenir un coureur (d’aujourd’hui à fin janvier 2014)

Phase du travail de la vitesse maximale aérobie (VMA). À la fin de cette phase je dois non seulement avoir atteint mon poids de forme mais aussi mon potentiel maximal de vitesse aérobie. Les deux sont liés. Pendant quelques semaines, l’entraînement intègrera deux, trois ou quatre séances de VMA courte et longue. Partant du principe (pas si évident que cela sur un 6 jours mais bon) que du développement du moteur (VMA, VO2Max) dépend la performance finale, on va… booster le moteur. On ne sait pas aujourd’hui à quel pourcentage de VMA correspond l’allure sur un 6 jours, et c’est sans doute quasiment impossible à dire, mais plus la vitesse de base est élevée, plus la foulée est aisée à vitesse réduite. Vu que ma VMA actuelle est environ de 17,5 km/h, un ou deux kilomètres par heure de plus seraient les bienvenus.

Devenir un coureur d’ultra (d’aujourd’hui à fin mars 2014)

Apprendre à courir longtemps. Pour devenir un coureur d’ultra, on doit arriver à courir sous la vitesse de footing. C’est ce qui m’a le plus surpris lorsque j’ai commencé à pratiquer la course à pied au-delà du marathon. À vrai dire, le concept m’a littéralement fasciné. Et c’est là que ma quête du Graal s’est matérialisée : la foulée perpétuelle. L’ultra reste de la course à pied, ce qui signifie que l’on cherche à joindre deux points (très) éloignés, ou traverser une période, respectivement le plus vite possible ou en parcourant la plus grande distance possible. On entre dans un monde qui détonne de la plupart des sports. Ici, on est dans la douceur, dans l’anticipation de toute forme de douleur, dans la recherche du relâchement total.

Devenir un coureur de 6 jours (d’aujourd’hui au jour J)

Yiannis Kouros, l’homme le plus rapide de la planète Ultra, a un jour passé les 300 km sur 24 heures. 303 km très exactement. Il détient tous les records Ultra du 12 heures ou 6 jours. Pour lui, « le 100 km est physique, le 24 heures est métaphysique ». Je n’ai jamais rien lu de lui sur le 6 jours, mais cette expérience est encore au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Le 6 jours, c’est une épreuve qui nécessite de courir, certes, mais également de gérer le sommeil, les micro récupérations. Il ne s’agit pas de courir 6 fois 24 heures mais bel et bien 144 heures. Il faut donc apprendre, développer les compétences physiques et mentales ad hoc. La base de ce travail sera non seulement de planifier des sorties de plus en plus longues à partir de 3 heures, et jusqu’à 24 heures, ou peut-être 48 heures, mais aussi de travailler des « Unités Spécifiques » d’entraînement. J’aurai l’occasion d’en reparler, mais disons qu’il s’agit pour le moment de concevoir des découpages du 6 jours en unités de temps, de les travailler à l’entraînement pour les reproduire pendant l’épreuve. Ces unités seront 1 heure, 2 heures, 3 heures, 6 heures et 12 heures. Pour chacune d’elles, une stratégie de course différente, qui doit être applicable à n’importe quel moment du 6 jours, au début comme à la fin.

Devenir un coureur de 6 jours sur tapis (idem)

Il y a de nombreuses facilités à courir sur un tapis : le sol est plat, amorti, on dispose d’un ravitaillement, on peut régler la température, la vie est belle ! Sauf que… Sauf que le tapis, c’est le boss, c’est lui qui choisit la vitesse ou plutôt, qui ne laisse pas nos compétences inconscientes s’exprimer. Je m’explique : vous êtes coureur à pied, et sans vous en rendre compte, vous ajustez sans arrêt votre vitesse, y compris sur un sol plat et alors même que vous cherchez une allure régulière. Quelques dixièmes de kilomètres par heure peuvent tout changer dans la gestion d’une telle épreuve… Mais le tapis vous force soit à passer cette compétence inconsciente à l’état conscient, soit à procéder différemment. La clé, c’est d’essayer un mix pour ne pas griller trop d’énergie à cogiter : conscientiser et en même temps, varier l’impact de la foulée en variant la cadence, la foulée, les temps de marche, etc. Comment s’entraîner au tapis ? Bah, en faisant du tapis pardi.

Suis-moi

Philippe Billard

C'est là que je parle un peu de moi ? Pour la biographie, d'abord... Je cours des ultras depuis 2000, un bug sans doute, et j'ai dépassé la distance du marathon une bonne centaine de fois. Trail, route, piste, tapis, j'aime tout, sans concession, même si j'ai jeté mon dévolu depuis 2011 sur les 6 jours tapis (de course). Vous verrez, j'en parle beaucoup. J'ai aussi créé un magazine en 2003, et une belle communauté, Ultrafondus. Ça a duré une petite dizaine d'années, il en reste quelques traces sur le web. Pour en savoir plus, lisez, regardez, échangez. J'ai des trucs à vous dire sur des tas de sujets passionnants, et j'ai surtout beaucoup à apprendre de vous.
Suis-moi

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